Octobre–Décembre 2010

La victoire sur le monde, c’est notre foi

À Dieu, Pierre Gardeil

Bruno le Pivain

Pierre Gardeil

C’était le 29 juin 2001, en la fête des saints Apôtres Pierre et Paul, à l’abbaye Notre-Dame de Triors, qu’après quelques mois d’échanges et de discussions, le comité de rédaction naissant de Kephas se réunissait pour la première fois. Atmosphère fervente et joyeuse où Pierre Gardeil n’était pas le moins volubile, cela va sans dire. Depuis quelques mois que ce projet prenait corps, il avait médité la chose et arrivait fort de quelques convictions qui ont marqué le ton et l’esprit de Kephas.

La première est cette citation de la Lettre de saint Jean qu’il claironna de sa belle voix de ténor durant ces deux jours, comme résumant le cœur de cette initiative : « La victoire sur le monde, c’est notre foi. » (1 Jn 5, 4) Elle en disait long sur la lumière qui a guidé toute sa vie : la foi. Et sur ce que fut cette vie : un combat, intérieur d’abord, avec cette volonté délibérée, au-delà des reliefs du tempérament, de se livrer totalement au feu de l’amour rédempteur, mais un combat dans l’arène des débats qui agitent l’Église et la société, où il mit toute sa fougue, jusqu’à ses excès, ses immenses talents, sa culture hors pair, son exigence insatiable, servis par une passion de transmettre, de faire grandir en humanité, d’éclairer, d’entraîner, de réveiller parfois, et ce jusqu’à la victoire définitive, sous forme de reddition sans condition au «  Bon Dieu » – parce que Dieu ne peut qu’être bon, sinon ce n’est pas Dieu –, dans ses dernières semaines qui ont si profondément marqué tous ceux qui ont eu la grâce de l’approcher.

D’où ses «  entretiens sur la foi » personnels, sous le titre « Alors, le Bon Dieu, c’est fini ? » (Ad Solem, 1999), entretiens réalisés avec Martial, Irène et Thomas, en fait avec tous ses anciens élèves à travers ces trois, eux dont il avait « chargé l’adolescence d’une instruction qui ne pouvait pas encore fermenter en culture » (p. 7). Mais quelle force prend aujourd’hui cet aveu :

Il est vrai, Martial, que la foi nous sépare. Et je confesse autant que vous voudrez que cette foi (la mienne) tient du costume, de l’usage, de façons de parler, voire de vaincre… bref, qu’elle est toute sale de mauvaise foi. Mais je sais en qui j’ai cru. Je balaie la cuisine de mes pensées, et parmi la poussière et les épluchures, brille cette perle unique qui vous a conduit jusqu’ici, « pour voir  », et qui n’entre dans aucun collier. Il vient, ce Royaume ! Il chante à l’intime du cœur et dans le visage de mon prochain ! Il vient ! Non, je ne sais guère en dire autre chose. C’est la Parousia qui fonde l’ousia ; je veux dire : ce sont les cieux nouveaux et la terre nouvelle qui en disent le plus sur le monde de maintenant. […] Au diable, les mots ! À Dieu, le Verbe fait chair ! Accueillez le don du Seigneur, goûtez-le, faites-en votre amour d’allégresse… et proclamez ce don jusqu’à ce qu’il vienne ! (p. 211)

Le Verbe fait chair : quelle insistance à marteler combien notre foi ne se réduit pas à une religion du Livre, puisqu’elle est traversée par la lumière de ces trois mots : Incarnatus, Crucifixus, Resurrexit. C’était le cœur, la fine pointe de sa vie de foi, telle qu’il l’exposait dans son premier article pour Kephas, au numéro 2 (le premier ayant eu l’avantage d’un entretien avec René Girard, comme il se devait)… : « Quel est l’objet de la foi ? », dont le sommaire de présentation porte les mêmes accents : «  L’objet de la foi est un triomphe, il en porte les couleurs et l’accent. Une messe de Marc-Antoine Charpentier, prise pour exemple, nous en fait goûter l’ineffable puissance et l’ineffable douceur ». Mais le voici résumé, qui dit mieux que tout quel croyant fut Pierre Gardeil, lorsqu’il décrit, en professeur de français avisé, les trois actes de la geste du salut :

Nous croyons une Révélation plus profonde et plus haute, plus longue et plus large, que tous les textes : elle rapporte des actes (trois actes) qui sont au delà des mots, et qui ainsi échappent aux contradictions du logos. Pour transmettre cette Révélation, il n’est que d’enchâsser une trinité dans l’autre : le Credo, définiteur par excellence de l’objet de la foi, déploie la gloire des Personnes divines : Je crois en Dieu le Père… en son Fils Jésus-Christ le Seigneur… Je crois au Saint-Esprit. Et à l’intérieur de la procession des trois Personnes, le procès des trois actes, notre salut : Incarnatus. Crucifixus, Resurrexit ! Il a pris chair… Crucifié pour nous… Il est ressuscité… Le mémorial en est l’eucharistie, chant de reconnaissance et acte des actes. C’est comme ça, il fait comme ça. Il partage le Pain et le Vin, lave les pieds des disciples, regarde le jeune homme riche, et Pierre qui vient de le trahir, touche les yeux de l’aveugle, se laisse parfumer, et arroser de larmes, parfois retenir par les franges de son manteau… Enfin, pour parole essentielle, cette déclaration qui ne cherche pas notre intelligence, mais vise directement le cœur : Tes péchés te sont remis. Connais-tu une meilleure nouvelle ? (Kephas nº 2 – avril–juin 2002 – p. 28)

Un an après la joyeuse réunion de Triors, le deuxième comité de rédaction eut lieu à Lectoure… allez savoir pourquoi. Lectoure, Saint-Jean, Saint-Joseph, ce n’est pas seulement un « établissement d’enseignement secondaire », ou bien ce l’est d’une autre manière. Comment se fait-il que, n’ayant passé qu’un an dans ce merveilleux coin de Gascogne, ce soit tout de suite à Pierre Gardeil que j’ai fait appel au moment de lancer l’aventure de Kephas avec d’autres amis ? Et qu’il n’ait pas barguigné un seul instant, sachant pourtant ce que c’était que de suivre une revue – il y a avait eu « Les saisons de Saint-Jean » – en plus de toutes ses autres activités – livres, festivals, conférences, relations multiples, anciens élèves restés en contact… golf, et par-dessus tout, avant tout, sa famille qu’il chérissait tant ?

La réponse se trouve sans doute dans la conférence qu’il a donnée, avec sa verve coutumière, lors du colloque organisé par Kephas à Notre-Dame de Passy en novembre 2008. « La foi : rupture de transmission. Que peut l’enseignement catholique ? » On y retrouve invariablement le même thème – la foi – avec ce constat sans appel qu’il a eu tout le loisir de dresser, et le lieu où, par passion et par devoir, il a donné sans compter, loin de se satisfaire d’un état de fait qui lui semblait inconcevable : l’enseignement catholique. D’ailleurs, tout de suite, il précise sans ambages l’état des lieux. Premier mots : « Ne nous attardons pas sur le constat des ruptures, de plus en plus criant. » (L’avenir de l’Église, Éd. de L’œuvre, 2009, p. 89). Deuxième paragraphe : « Les causes du phénomène ne sont pas moins manifestes que le constat. » Troisième paragraphe : « Au sujet de l’intériorité, déclaration de non-lieu. » (p. 90).

Puis viendra l’essentiel, tous ces courriers reçus d’anciens élèves à qui il avait écrit pour leur demander de lui faire part de ce qui les avait marqués à Saint-Jean, et qu’il récapitule en trois éléments : une formation intellectuelle ; une pratique – un idéal – communautaire ; le goût de la vie intérieure. Permis par trois conditions : « la qualité intellectuelle et spirituelle de quelques maîtres », « l’existence d’une communauté ‹ école › », la proposition d’exercices personnels et communautaires de piété et de générosité » (p. 92–93).

C’est en effet très précisément ce que j’ai pu vivre – avec tant d’autres qui en ont été marqués à vie – à Saint-Jean, mais qu’il avait su « mettre en musique » (ici, il s’agit bien de cela) à sa manière, parfois vigoureuse et autoritaire, jamais amère, toujours généreuse et enthousiaste, donc enthousiasmante. Saint-Jean, c’est un climat, une atmosphère, où s’harmonisent des ingrédients aussi divers que Mozart ou Carissimi, Les bijoux de la Castafiore, le match de rugby de fin d’année, les répétitions et les concerts, les après-midis dans le salon envahi par un groupe de terminales pour écouter le Socrate d’Erik Satie régulièrement commenté par le philosophe mélomane (tout ce qu’il appelait « l’évangélisation par le génie »), Péguy et Simone Weil, René Girard, Michel Serres et Henry Michaux bien sûr, La dolce vita et Fellini, tout autant, les récollections ou les messes, le charme inimitable du Gers, et surtout, en effet, une communauté où ce n’étaient pas des idées qui circulaient, mais la grâce du Bon Dieu, la foi, l’espérance et la charité qui s’incarnaient dans une véritable culture, où la dimension humaine et l’attention aux personnes n’étaient pas des théories, parmi les aléas d’une communauté d’éducation tout autant que d’enseignement, aléas qu’il prenait de préférence à bras le corps. On se souvient par exemple de cet hiver où le chauffage étant momentanément tombé en panne, les pensionnaires se retrouvèrent répartis ici et là chez les professeurs. Et l’on savait qu’un bon groupe de ces professeurs se retrouvait régulièrement pour prier.

Et puis, pourquoi ne pas le mentionner, s’il était toujours très actif dans le domaine culturel, et si son amour de l’Église était si profond – quel souvenir que cette semaine passée à Rome avec son épouse pour leurs cinquante ans de mariage, et du moment où il avait pu approcher de Jean-Paul II, de celui où il avait retrouvé ses chères petites sœurs de l’Agneau aux Quatre Saints couronnés, des visites ad limina Apostolorum, et notamment du premier d’entre eux…, il avait souffert de n’avoir pas été toujours compris dans l’Église. Son tempérament et sa manière de ne pas s’embarrasser de gants, ses excès parfois, lui fermaient des portes cléricales… Mais n’avait-il pas aussi le tort d’avoir raison trop tôt, ou loin des courants d’opinion mieux portés, sur des sujets sensibles où il avait des choses à dire, et à faire, en-dehors d’ailleurs de toute chapelle où l’on aurait eu quelque peine à le faire tenir ? D’où cette recommandation maintes fois entendue, dès le début de Kephas : « Gardons-nous surtout de ‹ faire curé › ! » En consonance avec Péguy ou Bernanos, il voulait une revue pleinement catholique, et pour cela libre d’éventuelles lourdeurs cléricales, ou de ce qu’il appelait la « chose cléricalo-cléricale ». Les traits fusaient dru parfois, mais jamais ils n’attaquaient une personne.

De tout cela, l’on peut tirer une certitude : l’on dit souvent que notre époque manque de pères, ce qui n’est plus à prouver. Elle manque aussi de maîtres, ce qui n’est pas la même chose. Le père forme le cœur, au sens biblique du terme, de fond de la personnalité, et la mère y a toute sa part. Le maître sculpte l’esprit, ou une forme d’esprit, gratuitement, à la manière des maîtres de l’Antiquité ou des écolâtres médiévaux, et ce peut l’être en tel ou tel domaine plus particulièrement, de telle sorte que si l’on peut avoir plusieurs maîtres, ils restent rares, parce qu’il y faut une relation personnelle qui va au-delà de la transmission d’un savoir, jusqu’au développement de la personnalité lui-même. C’est une grâce insigne que d’avoir pu trouver sur sa route de véritables maîtres qui apportent en quelque sorte les moyens de devenir libre en vérité – le contraire d’un gourou comme d’un démagogue. Le maître transmet parce qu’il a reçu et assimilé. L’acte de cette transmission est pour lui de l’ordre du don, il est gratuit ; ce faisant, il ne craint pas de s’exposer. Pour des générations d’élèves, Monsieur Gardeil a été un maître au sens le plus vrai du terme, avec le fruit dont témoigne la reconnaissance exprimée de tant d’entre eux.

Il fut d’autant plus marquant, lors de ces presque dix ans de collaboration active à Kephas, de voir le « vieux prof de philo » et ancien directeur de lycée accepter avec une humilité touchante et une simplicité joyeuse de la part de son élève telle ou telle contrainte éditoriale, telle retouche lorsque la plume pouvait s’aiguiser de manière un peu acérée, au cours de longues conversations qui finissaient immanquablement par un éclat de rire assorti de quelques recommandations pleines d’humour, ou une remarque faussement ingénue : « Et ça, au moins tu me le laisses ? » Sans compter les très nombreux conseils et suggestions, où son expérience, sa culture, son coup d’œil, son intelligence, ne seront pas remplacés. Ce qui reste, c’est l’esprit qu’il a insufflé à sa manière… qu’on ne peut dire autrement que catholique. Et qui n’empêche pas d’autres de s’exprimer autrement, ce qui concourt à la couleur de la mosaïque comme à la vérité des êtres créés.

Ce fut une reconnaissance croissante – oserait-on dire admiration ? – au fil des ans, mais plus encore à l’époque où sa maladie se déclara, et lorsque son épouse, qui lui fut un tel soutien infaillible – et avec quelle intelligence du cœur et quelle présence – eut elle-même recours à son soutien, que de profiter de ce contact habituel où la paix surnaturelle s’installa toujours plus avant, jusqu’à remiser à leur juste place, et à les mieux souligner, les dons de la nature. Les trésors de délicatesse, d’abandon transparent, de foi d’enfant – « c’est merveilleux, nous prions ensemble, prie aussi pour nous ; je découvre sans cesse plus la beauté du mariage », prenaient d’autant plus de relief chez un homme dont la mesure apparente n’avait pas été le souci dominant. Il confiait alors ses intentions de prière, toujours traversées par cet amour incandescent de l’Église, lequel fut sans doute au cœur de cette grâce de dépouillement qu’il vécut si merveilleusement et qui frappa tous ceux, spécialement les plus proches, qui l’accompagnèrent à la fin, dont il savait et redisait que c’était un commencement. « Vois-tu, je suis établi dans la prière », avait-il lâché au moment de la rechute de la maladie. Ce fut le cas jusqu’au bout – jusqu’au passage sur l’autre Rive –, dans une transparence toujours plus limpide.

C’est cet esprit qui l’animait déjà dans cet article de début 2010 (nº 33, p. 125 ss), intitulé « Confidences… » où, après avoir pointé les « périls » du « cénobitisme succédant à l’érémitisme », parce qu’il ne les voyait pas à l’œuvre tels quels dans l’Évangile, il confessait aussitôt : « Cette poussée d’humeur ne tient pas chez moi bien longtemps, dès lors que je considère le fond des choses et les bienfaits reçus.  » Et l’argument imparable, si théologal : « Quant au fondement évangélique, il est facile de le trouver en cherchant du côté des conseils plutôt que des définitions fonctionnelles » pour arriver à cette conclusion : « Je me borne aujourd’hui à ce constat déconcertant : rien n’est plus précieux à notre vie que ces gens qui ne s’en mêlent pas ! Car enfin […] c’est un souverain Bien proprement chrétien qu’on va chercher dans les monastères, et ces gens qui nous ont quittés nous reçoivent mieux que personne. » Suivait la litanie de l’action de grâces : Saint-Benoît sur Loire – et « ces trois jours vécus à dix-sept ans qui (l)’ont marqué pour la vie », En Calcat, Tournay, Fontgombault, Triors et le lancement de Kephas, Saint-Maurice d’Agaune, son ensemble vocal et les échanges avec le lycée Saint-Jean, le chanoine Pasquier, Mondaye avec ses cures de silence, sa bibliothèque, ses offices et son hospitalité, pour écrire un livre, les dominicains de Rangueil, si proches à bien des égards ; et parmi les congrégations féminines, où l’ancien professeur reconnaît « tant d’anciennes élèves chantant et récitant dans vos stalles et vos bancs de prière » : la Providence de Lectoure, son Carmel, presqu’une paroisse (« Si le Carmel disparaissait, (il en est loin, on y entre toujours !), il manquerait quelque chose à cette rue, à ce quartier, à la ville même : un signe que ce monde ne nous aura pas tout entiers, une Visitation de l’impalpable, une bouche d’aération ») l’abbaye Sainte-Marie de Boulaure, ses voisines où il va de temps en temps prier ou confier des intentions, converser et donner quelque instruction, la communauté de l’Agneau, qu’il aida grandement dans la publication de leur livre de fioretti, L’offrande du mendiant…

On pourrait allonger à l’envi. Ce n’est pas l’objet. C’est de reconnaissance et de fidélité dont il est question. D’action de grâces et de communion. D’Espérance et de Joie véritable, parce que « La victoire sur le monde, c’est notre foi. »

Une dernière pensée ? La voici, tirée des derniers mots de Quinze regards sur le Corps livré (Ad Solem, 1997, p. 298), dans le dialogue entre l’ange de la mémoire et le guide, qui représente «  l’âme d’Isaac, enfin délivrée de ses doutes », en exorde du chapitre intitulé «  Histoire d’Isaac », et sous-titré « Le corps transparent » :

Mais ailleurs, je suis diacre ; au service des hommes, je porte l’aube et la dalmatique de mon Seigneur. Je faisais signe pour Lui, dans les temps où II n’était pas encore venu. Je préparais les cœurs à recevoir ce qu’il allait faire. Depuis ce grand jour, je me réfugie, tantôt sur un chapiteau, tantôt dans un vitrail, quelquefois – comme aujourd’hui – dans un « mystère », d’où je regarde, sur l’autel, le véritable Isaac apporter aux hommes, par sa mort et sa résurrection, le Pain vivant descendu du ciel.

Et je pense : moi aussi, je suis un peu mort et un peu ressuscité, quand j’étais petit. Maintenant, configuré à mon Seigneur, je suis mort et ressuscité avec Lui pour toujours. Son salut traverse ma chair, devenue transparente de cette merveilleuse blessure : c’est Lui qu’on voit quand on me regarde. Bénie soit l’absence d’Isaac !

Jadis, je n’étais jamais sûr de ma place : alors, que d’introspection ! Vous avez vu, avec Rebecca ? J’en ai beaucoup souffert… Si j’avais su ! Non, je n’étais pas né pour l’importance, j’étais né pour montrer l’agneau de Dieu. Porte-étendard, en quelque sorte. Quand on est porte-étendard, on n’a plus à faire d’introspection : quelle chance ! Ce n’est plus moi qui vis, c’est Lui qui vit en moi.

Merci, cher Monsieur, pour Kephas et pour le reste.

Merci de continuer à veiller sur nous de Là-haut, comme nous vous accompagnons de notre prière, avec les vôtres.

Et c’est promis Kephas ne fera « jamais curé »… et restera catholique !