Juillet–Septembre 2003

Jette tes filets !

Bruno Le Pivain

Chers amis de Kephas,

vous avez été très nombreux à réagir à la suite du dernier numéro, disant notamment l’intérêt que vous avez trouvé à la lecture du dossier sur « l’Église, la foi et les vocations », sans préjudice pour les autres contributions. Fidèle à sa devise scripturaire et à sa charte, à son objectif tout simplement, Kephas a souhaité traiter cette question, dont on ne cache plus le caractère d’urgence extrême dans les pays occidentaux, en laissant en tout la primauté à ce que le Saint-Père, dans la Lettre apostolique Novo millennio ineunte, nomme « la voie de la foi ». Moyennant quoi on peut appeler un chat un chat (l’auteur de ces lignes sait le nombre de séminaristes en formation, toutes années confondues, pour son diocèse d’origine, nombre tout juste suffisant pour employer le pluriel, alors qu’ils partaient par dizaines en Afrique et en Asie voici quelques décennies), tout en se gardant de l’interprétation partisane de type sociologique ou politique, qui divise et affaiblit là où il faudrait unir et éveiller.

Beaucoup réclament un courrier des lecteurs plus régulier, que nous allons mettre en place prochainement. Il vous est déjà grand ouvert. Petit à petit, ce lien d’amitié au service de la catholicité dans toutes ses dimensions se fait plus tangible.

Le comité de rédaction, réuni à Angers dans les locaux de l’Ircom début juillet (merci à nos hôtes qui n’ont pas fait mentir la réputation d’accueil du jardin de la France), a permis d’avancer, grâce particulièrement à vos réactions, pendant trois journées qui ont paru bien courtes à tous. On y regrettait notre frère Olivier Thomas, à Jérusalem à ce moment (on reviendra dans le prochain numéro sur le premier tome de cette imposante analyse de « Thomas d’Aquin, poète théologien » parue aux éditions Ad solem),1 Grégory Solari, retenu à Genève par les dites éditions (sur lesquelles vous saurez plus également très bientôt), l’abbé Raymond Centène, naviguant entre la plaine et la montagne catalanes, de paroisse en camps scouts, Olivier Henri-Rousseau, empêché au dernier moment, à son grand désappointement comme au nôtre. On a eu la grande joie d’y accueillir de précieux renforts avec Patrice de Plunkett, dont l’œil exercé nous sera d’un grand secours, et Philippe Pichot-Bravard, dont le jeune enthousiasme n’est pas en manque de projets.

Est-ce superflu de vous confier que ces trois jours de travail ne le cédèrent en rien à la franche gaieté ? On ne vous surprendra pas en précisant que la Gascogne, en la personne de Monsieur Télescope, alias Pierre Gardeil, s’y illustra avec brio. Il serait dommage d’avoir ici à se réfugier dans l’autrefois comme l’infortuné poète :

Nous avons tout perdu, tout, jusqu’à ce gros rire,
Gonflé de gaieté franche et de bonne satire,
Ce rire d’autrefois, ce rire des aïeux,
Qui jaillissait du cœur comme un flot de vin vieux.

À Angers, les bonnes volontés se manifestent pour participer à la marche quotidienne de la revue. Ici et là, les plumes se présentent plus nombreuses. Le nombre d’abonnés croît doucement et régulièrement. Soit. Mais rien n’est jamais acquis, tout reste à améliorer.

Accepteriez-vous, chers amis, d’être les ambassadeurs de cette jeune entreprise, de faire connaître Kephas autour de vous ? Beaucoup d’entre vous s’y emploient déjà et l’expérience montre que c’est le meilleur moyen d’étoffer l’audience, au-delà d’actions planifiées. Des dépliants, des exemplaires sont à votre disposition. La mise en place d’un secrétariat régulier permettra désormais de faire face plus efficacement à la demande. Merci à vous tous.


Au moment d’écrire ces lignes (12 septembre), le Saint-Père est en Slovaquie. Il est bien fatigué. On sait le sens du mot Kephas. Nous avons confiance en l’Église.


  1. Olivier-Thomas Venard, Littérature et Théologie – Une saison en enfer, Vol. 1, Thomas d’Aquin Poète Théologien, Avant-propos par Alain Michel, de l’Institut, Ad solem 2003, 512 p.