Juillet–Septembre 2003

Mauriac et le bonheur, dans le Bloc-Notes

Bernard Chochon*

« Tous les hommes recherchent d’être heureux. Cela est sans exception, quelques différents moyens qu’ils y emploient. Ils tendent tous à ce but. Ce qui fait que les uns vont à la guerre et que les autres n’y vont pas est ce même désir qui est dans tous les deux accompagné de différentes vues. La volonté [ne] fait jamais la moindre démarche que vers cet objet. C’est le motif de toutes les actions de tous les hommes. Jusqu’à ceux qui vont se pendre. »1

Le lecteur aura reconnu, dans le martèlement de la phrase comme dans la véhémence des termes, l’accent passionné de l’« intercesseur » sans doute le plus décisif de Mauriac : Pascal. Rarement citées par l’auteur du Bloc-notes, ces lignes, pour autant, ne devaient-elles pas lui être familières ?

Le goût du bonheur, compris au double sens d’inclination et de saveur, quel personnage mauriacien ne le connaît, consciemment ou non, animé qu’il est, au fond de lui-même, de la même quête, du même désir ? S’il ne comble pas ses espoirs, ce bonheur, du moins, oriente et justifie son espérance. C’est ce qu’entend souligner, par le biais de la suggestion la plus pure, la splendide épigraphe des Chemins de la mer :

« La vie de la plupart des hommes est un chemin mort et ne mène à rien. Mais d’autres savent, dès l’enfance, qu’ils vont vers une mer inconnue. Déjà l’amertume du vent les étonne, déjà le goût du sel est sur leurs lèvres – jusqu’à ce que, la dernière dune franchie, cette passion infinie les soufflette de sable et d’écume. Il leur reste de s’y abîmer ou de revenir sur leurs pas. »2

Mais, ce qui vaut pour le personnage vaut tout autant pour Mauriac lui-même. La quête du premier n’est que la traduction, à travers la fiction, de la quête obscure du second. Le bonheur, ce mot ambigu, « […] où chacun met tout trop tôt »,3 pour reprendre les termes de Jean Guitton, peut-être [ pour l’atteindre] faut-il avoir, tout à l’inverse, le goût, le vertige même du malheur ». Qu’en est-il du Bloc-notes ?4

Un fait, tout d’abord, paraît indubitable dans la notion même de bonheur mauriacien : son lien avec la temporalité humaine. Les blocs-notes « politiques » qui jalonnent une grande partie de l’œuvre attestent bien ce lien. Par sa fonction même, le journaliste s’y exprime au présent, et c’est au présent qu’il entend témoigner pour la justice. L’Histoire n’attend pas : elle est là, sous ses yeux, impatiente et fébrile, dans les événements qui la tissent. La mission du journaliste, comme son ultime vocation, consiste à la servir au jour le jour, avec toute l’objectivité, l’honnêteté, la dignité qu’elle réclame. Quant au combat du journaliste – du journaliste chrétien, selon Mauriac –, il se mène dès ici-bas : « [l]e royaume de Dieu n’est pas à venir, écrit-il : il commence dès aujourd’hui, il est au-dedans de nous. Nous ne pouvons tendre vers lui que nous ne le possédions déjà et que nous ne cherchions à l’instaurer ici même et maintenant. » (I, 283.)

Ici et maintenant : le leitmotiv court tout au long du Bloc-notes, étroitement associé, chez Mauriac, à l’idée de vérité sans laquelle le bonheur, tout bonheur, ne saurait exister. Ainsi, s’agissant de la cause marocaine, Jean Lacouture a raison de noter que « […] ce n’est pas pour un peuple, pour une famille qu’il [Mauriac] s’est battu, mais contre une injustice. Et aussi parce que dans une affaire où politique et religion s’entrelaçaient si étroitement, il lui convenait de faire triompher au nom de la foi, la vérité ».5 Des Voltaire contemporains verraient peut-être en Mauriac la résurgence d’on ne sait quel fanatisme hérité de Pascal. Nous pensons qu’il n’en est rien. Sans doute Mauriac et Pascal partagent-ils, l’un et l’autre, le même zèle, la même ardeur, pour un même combat ; sans doute, aussi, animés et embrasés du même Feu, mènent-ils la même croisade pour la vérité. Il reste que la démarche de Mauriac se fait plus individuelle, plus personnelle : chez lui, quête de la Vérité et quête de sa vérité ne font qu’un. Dans le combat qu’il mène pour la justice des peuples en voie de décolonisation, il faut peut-être voir l’expression d’une revendication à la fois spirituelle et personnelle. Combat pour la justice, certes, mais combat, aussi, pour assouvir sa propre faim et sa propre soif de justice.

Tout est lié chez Mauriac, car tout, chez lui, fait fonction de miroir et donc de réflexion. On voit assez, dans les pages « politiques » du Bloc-notes, comme est pressante la passion de la vérité : à la brûlure de l’appel se mesure l’intensité de la quête. Et rien, pour Mauriac, ne se révélera aussi urgent que la réponse à donner à cet appel, à cette quête. Il y va, pense-t-il, de l’authenticité de la personne comme de la profondeur d’un bonheur. Deviens ce que tu es, reste ce que tu as été. Ton bonheur est au fond de toi, il est toi-même. Tu ne seras vraiment heureux que si t’habite, jusqu’à l’obsession, jusqu’à l’exaspération, peut-être même jusqu’à l’angoisse, la soif de ta propre vérité. Alors, tu briseras le miroir et ta quête deviendra conquête. C’est dans ce sens qu’on peut lire ces lignes, écrites dès 1953 et qui constitueront la tonalité du Bloc-notes : « Ma vocation est politique dans la stricte mesure où elle est religieuse. Ne jamais le perdre de vue, mais ne rien céder de mes positions, de ce que je crois être vrai, par intérêt, par commodité, par lassitude – ni même par amitié. » (I, 97) Le ton est donné. Restent les circonstances qui permettront d’authentifier le propos :

Vendredi 26 mars 1954

Les lettres ordurières que je recevais de Casablanca après mes articles marocains offensaient moins mes narines que d’autres fort polies à propos des prêtres-ouvriers et des pères dominicains. O benoîte fétidité ! Je préfère les fosses qui sentent franchement leur fruit […] à ces fades relents, à cette puanteur sournoise qui émanait de certains papiers signés par exemple : Comtesse de X…, catholique cent pour cent.

Le drame de la vérité c’est de ne pouvoir être ésotérique : parce qu’il est la Vérité, le catholicisme appartient à tous. (I, 119)

Mauriac heureux : un mythe ? Une réalité ? Réalité si, du moins, l’être profond s’est fixé et a finalement trouvé l’objet de sa quête.

Mauriac ne renierait pas, à la racine de ce bonheur grave et exigeant, cette autre soif qui l’aura tenaillé tout au long de sa vie, en tant qu’homme et en tant qu’artiste : la soif de permanence. Autre visage au fond, de la vérité, de sa vérité. Mais où trouver cette permanence hors de laquelle l’être s’effrite et s’étiole ? Dans le plaisir ? « Le plaisir […], écrit Mauriac dans son Journal, ne nous divertit pas de notre idée fixe : être heureux ; il tire à soi cette aspiration ; […] jusqu’au point où plus rien n’attire que le sommeil et l’anéantissement. »6

Aspiration, infini, exigence démesurée, soif, divertissement : rien ne manque au rendez-vous pascalien. Mauriac trouvera-t-il le bonheur dans le présent, vécu comme durée interne ? Ses rapports avec lui ne sont pas des plus simples. Si ce présent est le temps privilégié – et d’ailleurs le seul possible – d’un journaliste en quête d’objectivité, il n’en va pas de même pour l’autobiographe à la recherche de son identité. À quel temps s’adosser ? Mauriac, une fois encore, pensera comme Pascal, écrivant dans la « liasse » Vanité : « Nous ne tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours, ou nous rappelons le passé pour l’arrêter comme trop prompt […]. Le présent d’ordinaire nous blesse. Nous le cachons à notre vue parce qu’il nous afflige, et s’il nous est agréable nous regrettons de le voir échapper. […] Nous ne pensons presque point au présent […] Le présent n’est jamais notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et nous disposant toujours à être heureux il est inévitable que nous ne le soyons jamais. »7

Alors que l’apologiste s’emploie à montrer à l’homme, dans la conduite même de sa vie, toute sa vanité, son infirmité, son inconstance, Mauriac, lui, préfère voir en l’homme, même décalé, surtout décalé par rapport à lui-même, un être apte au bonheur. L’homme heureux, pense-t-il, est l’homme de l’enracinement et de l’attente. L’homme heureux est celui qui, prenant appui, comme il peut, sur son présent n’hésite pas à rebrousser chemin vers son passé ou tourner ses pas vers son avenir. Là réside la seule vraie réponse à la quête d’identité et d’unité chez l’homme. La mystique du souvenir, pierre d’angle du bonheur, pour Mauriac, est bien au cœur de son être comme l’est la mystique de l’attente :

« Jusqu’à la fin, écrit Mauriac, nous nous obstinerons à attendre les saisons, à guetter leur retour, comme si chacune avait un secret pour nous consoler, comme si elles devaient nous rapporter dans l’odeur du vent, dans un chant d’oiseau, dans l’agitation des feuillages sous la lune, le bonheur que c’était d’être un jeune vivant. » (III, 399). Guetter, attendre : le bonheur mauriacien a souvent le parfum de l’absence, un parfum d’avenir, un goût de futur en suspens. Or, cette anticipation même, pour Mauriac, est gage de consolation pour le présent, comme est viatique – la jubilation du rythme ternaire le montre bien – le recours au passé.

Inchangée fut l’attitude du dernier Mauriac pour qui, hors de l’attente, le vrai bonheur n’existe pas en ce monde : « Ces derniers jours brûlants de juillet, écrit-il en 1969, me font revivre ce que fut pour nous le bonheur parfait, ou enfin ce qu’il peut être en ce monde : l’attente du bonheur. Cette attente, je la buvais à petits coups, si j’ose dire […]. [C’]était l’attente du bonheur pur, sans aucune ombre. » (V, 219–220) En quête du Paradis, les mystiques qualifieraient sans doute, dans l’univers qui est le leur, ce « bonheur parfait », ce « bonheur pur », de béatitude. Or, Mauriac, comme Baudelaire, pense que le bonheur ne naît pas de rien mais de la douleur. Il faut connaître la souffrance – toute forme de souffrance – pour goûter pleinement le Paradis. Il faut avoir perdu le Paradis pour pouvoir le retrouver. Et pour le retrouver il faut pouvoir le recréer.

Le poète n’a pas d’autre ambition : « Avec quel art de nous tromper nous-mêmes nous aurons prêté à ce monde le battement de notre cœur ! Et dire que nous habitons une région bénie de la planète, le paradis terrestre qu’est cette petite presqu’île qu’est l’Europe ! » (III, 399). Souffrance et bonheur : le chrétien Mauriac a bien montré que ce « couple » n’était pas incompatible.8 L’âme poétique – celle qui, souvent, n’a d’autre ambition que l’ambition de l’infini – peut vivre simultanément ces deux états apparemment antagonistes. Qu’on se rappelle, dans La Fanfarlo, la réponse faite par Mme de Cosmelly à l’âme angoissée de Samuel Cramer, le double de Baudelaire : « Vous souffrez, il est vrai ; mais il se peut que votre souffrance fasse votre grandeur et qu’elle vous soit aussi nécessaire qu’à d’autres le bonheur. »9 Il fallait toute la lucidité du poète des Fleurs du mal, comme sa très grande connaissance de soi, pour parvenir à se dévoiler avec autant de précision que de profondeur. Il est permis de se demander si Mauriac, dans ses questionnements incessants, n’a pas, un jour ou l’autre, entendu sourdre en lui cette réponse, qu’il eût pu faire totalement sienne. Mais, tourné vers le passé et tendu vers l’avenir, le bonheur mauriacien peut-il encore s’appeler le bonheur ? Ce bonheur n’est-il pas un peu flottant, incertain, volatil ?

Devant sa seule existence à une foi sans faille dans le passé ou suspendu aux incertitudes de l’avenir, ne risque-t-il pas la précarité due aux constructions mêmes de l’imaginaire ? Ce bonheur, surtout, pose la question essentielle, inhérente à toute existence humaine : pour être heureux l’homme peut-il faire l’économie de son présent ? Rien de moins sûr. Dès lors, force est de reconnaître à la notion d’instant sa pleine valeur.

Si l’humanité n’a pas manqué d’esprits pour affirmer l’irréalité et l’illusion du temps, elle en compte, aussi, qui ont cru, et qui croient encore, à l’éternité du moment. Un songe, la vie ? Le temps, un mirage ? Certains le pensent, quand d’autres estiment que l’instant humain jouit d’une profusion extraordinaire, qu’il est doté d’un pouvoir d’expansion infini. « Une heure n’est pas qu’une heure, observe le narrateur du Temps retrouvé, c’est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats. »10 Valeur vraiment singulière, irremplaçable de l’instant. Moments précieux où la sensation vécue révèle, est le sentiment de l’être : « Je crois ne plus aimer la vie, confie Mauriac, et tout à coup chaque seconde m’en paraît précieuse : une odeur, ce cahot de charrette qu’on n’entend plus nulle part, mais chez moi encore.[…] L’homme qui ne cesse de parler à son bœuf dans la vigne, les mots qu’il dit […] suppriment le temps. » (II, 420)

« Vivre à propos » : c’était, on s’en souvient, l’une des devises de Montaigne, qui ajoutait : « Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; […] quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi. »11

Cet épicurisme allègre, attentif à capter et à goûter dans le temps qui passe la fleur du bonheur humain, Mauriac vieillissant n’est pas loin de le partager. Avec les années, son amour du réel a grandi et, dans ce réel, l’attachement tenace aux choses les plus simples parce que les plus vraies. Le moment présent, songe-t-il, est comme le vêtement, « comme le sacrement de l’éternité dans le temps. »12 Ainsi, plus avancent les années, plus Mauriac goûte la chaude proximité du réel, plus il la célèbre et l’exalte. Refusé, ce réel prendra un relief d’autant plus pathétique :

Lundi 21 avril (1969)

Cette année, pour la première fois depuis combien d’années, je n’aurai pas été, comme à toutes les vacances de Pâques, au-devant du printemps. Je n’aurai pas vu s’aviver la verdure à mesure que l’automne avance sur les routes de l’Entre-deux-mers. Je n’aurai pas respiré l’odeur de cire du salon et celle des premières jacinthes. Ce n’est qu’un instant, à chaque arrivée, mais délicieux et qui pour moi risque de ne jamais revenir. (V, 211)

Le vieil homme ne pouvait mieux dire ! Le printemps 1970 le clouera à Paris, et la suite, malheureusement, nous la connaissons… C’en sera bientôt fini des hymnes « malagariens ». Ainsi, à vue strictement terrestre, le bonheur mauriacien n’échappe pas totalement au tragique. C’est un bonheur de solitude, gagné le plus souvent sur les terres arides de l’arène politique. La Vérité est son étendard et son goût n’est pas dénué de noblesse et d’âpreté. S’il se déploie souvent aux confins indécis de l’imaginaire et du réel, ce bonheur imprime fortement sa marque, impose son solide goût du terroir – odeur de lande calcinée, saveur de fruit fraîchement vendangé. « Le bonheur… Quand, au déclin, nous voulons le suivre à la piste depuis notre enfance, écrit Mauriac dans ses Mémoires intérieurs, […] nous fixons notre pensée sur telles réussites dont nous nous souvenons d’avoir été enivrés […] Mais rien ne réchauffe plus en nous ces souvenirs glacés. Je me rappelle avoir été heureux. Pourtant la sensation de bonheur est beaucoup moins liée pour moi à des faits qu’à des atmosphères. »13 Sensation – et non sentiment du bonheur. La nuance est capitale, qui met en relief la source de la délectation mauriacienne : le réel. L’atmosphère, certes, n’est pas non plus indifférente dans cette éclosion du bonheur. Mauriac, nous l’avons vu, se démarquait sensiblement de Pascal dans sa perception du temps intérieur. Il ne se démarque pas moins du narrateur proustien lorsqu’il poursuit :

« Je n’ai pas besoin, pour qu’il [le bonheur] me pénètre, de tremper dans une tasse de thé la petite madeleine de Proust. Je le retrouve au-dedans de moi, sans l’intermédiaire d’aucune saveur, d’aucune odeur. »14 Bonheur et vie intérieure sont indissociables chez Mauriac : « Qu’est-ce que le bonheur, murmure-t-il ? Existe-t-il en dehors de nous qui ne sommes pas heureux ? »15 Oui, tu es heureux, nous souffle une voix, si, te penchant sur toi-même à travers le gouffre des années, tu te retrouves, en profondeur et en vérité.

* Professeur de Littérature française moderne et contemporaine à l’Université Catholique de l’Ouest. Auteur de Le Bloc-notes de Mauriac. Une poésie du temps (L’Harmattan, Paris, 2002).


  1. Pascal, Pensées I, édition de Michel Le Guern, collection Folio, Gallimard, Paris, 1977, fr.138, p.128 (X. le Souverain Bien),
  2. Œuvres romanesques et théâtrales complètes, t. III, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1981, p. 541.
  3. Réponse de Jean Guitton au Discours de réception de Pierre-Henri Simon à l’Académie française (Le Monde, 10 novembre 1967).
  4. Les références au Bloc-notes seront indiquées, selon les tomes concernés, par les chiffres I, II, etc., suivis de la page citée. (Édition de Jean Touzot, coll. Points, le Seuil, Paris, 1993)
  5. François Mauriac, Le Seuil, Paris, 1980, p. 484.
  6. Journal, 1932–1939, La Table Ronde, Paris, 1947, p. 13–14.
  7. Op. cit., fr. 43, liasse II, p. 81–82.
  8. Souffrances et bonheur du chrétien – un titre qui exprime tout le dilemme et toute la tension de Mauriac – paraît en 1931, chez Grasset.
  9. Baudelaire, Œuvres complètes, tome I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1975, p. 563.
  10. Cité par Georges Poulet dans Études sur le temps humain, I, éd. Du Rocher, Plon, Paris, 1952, p. 430.
  11. Essais, III, XIII.
  12. In Jean Guitton, Essai sur le génie spirituel dans la doctrine de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Les Annales de Lisieux, 1955, p. 27.
  13. Mémoires intérieurs, Flammarion, Paris, 1959, p. 14.
  14. Ibid.
  15. Nouveaux Mémoires intérieurs, Flammarion, Paris, 1965, p. 96.